Road trip sur la côte est Sydney/Surfers Paradise
11 janvier 2010
Illustrations : http://picasaweb.google.fr/jeanmaxime.dick/RoadTripEastCoast#
Alors, après une (très) longue absence, je décide de m’y remettre, parce qu’il faut bien l’avouer, ce petit périple qui occupa mes vacances mérite d’être conté.
Après maintes indécisions, sur la destination, les moyens d’y aller et l’organisation à mettre en place pour y arriver, il a facilement du s’écouler un bon mois. Inutile alors de préciser que tout s’est fait au dernier moment (évidemment) et dans la course. Au début, la Tasmanie semblait une bonne idée, et il s’agissait de partir Anne et moi et de rallier Paolo et Go à notre cause. Nous pensions en fait aller jusqu’à Melbourne, y passer quelques jours puis prendre le bateau pour atteindre ce morceau de terre au bout du monde, louer un van et enfin revenir en avion à Sydney. Facile non ? Donc le temps que l’on imagine tout cela, que j’en parle à mes colocs, nous étions déja à trois semaines des vacances, facile. Lorsque soudain, une idée nous traversa l’esprit, les colocs et moi. A dire vrai, c’est l’esprit de Go qu’elle a traversé puisque quitte à partir il préférait aller à Bali, ce qui reviendrait moins cher que la Tasmanie. Donc voila qu’à quelques semaines du départ théorique, je bombarde Anne de messages pour lui dire que l’on partira à Bali, un point c’est tout.
C’était sans compter le prix des billets d’avion… Minimum 800$. Ratééé, on verra la prochaine fois.
Et pourquoi pas louer un van plutôt, rester sur le continent et vadrouiller nous suggère Paolo. Ok. Alors à ce moment l’on peut louer un van ici, et on le rend à Brisbane pour revenir en avion. Bon là, ça commence à prendre forme. Enfin c’était jusqu’à ce que Go apprenne qu’il bosserait du 27 au 31… puis du 23 au 25 pour compléter la loose totale. A ce moment, nous devons être à une semaine du départ, programmé pour le 21 à midi, un lundi. Vendredi Paolo appelle pour louer le van, il n’est jamais trop tard n’est-ce pas ? Et finalement, lundi, 17h, nous partons. Oui, parce que les péripéties n’allaient pas se terminer comme cela d’un claquement de doigt. Nous avons trouvé le moyen de nous tromper de rue, autrement dit de parcourir la city de long en large, et de mettre environ 3h à trouver l’emplacement de location, situé sur George Street dans le quartier de Waterloo et non pas George Street dans le CBD… il fallait bien lire le reçu pour comprendre ça.
Tout d’abord, la grosse surprise… Le Van. Il mérite bien ses majuscules. Une épave (non je suis méchant), il roule, mais surtout, il est trash, à la limite du punk, orange et noir, une obscénité tagguée sur la porte arrière et en plus… il est entièrement peinturluré de GARFIELD ! Oui, vous avez bien lu, au moins quatre, dans toutes les positions imaginables et évidemment montrant son derrière lorsqu’il ne s’admire pas dans son miroir. La grande classe donc, on n’aurait guère pu faire mieux. C’est donc lui qui va nous accompagner tout au long de ces 10 jours. Il ne reste plus qu’à tout charger et nous voila partis. Cannes à pêche (pour le style), bouffe, cafetière, serviettes, fringues, planche et avanti !
Jour 1, Sydney/Palm Beach
Je rappelle donc qu’il est 17h, nous avions prévu de partir a midi… La première étape sera donc à Palm Beach, 40km au nord de Sydney, sachant que l’objectif est d’arriver dans le Queensland, à 1000km de là. Ouai, pas facile à ce rythme là. Mais tant pis. Nous arrivons peu de temps avant le coucher de soleil après s’être ravitaillé pour la nuit. Il n’y a personne, la plage est déserte, sauvage et nous avons l’embarras du choix, vue sur l’océan, vue sur la baie. Dur de choisir. Il suffit de faire quelques pas sur l’etroite bande de sable de cette presqu’ile recouverte d’arbres et buissons pour atteindre l’endroit voulu. Traverser une foret, y etre en plein milieu et entendre le bruissement des vagues, marcher pieds nus dans le sable, faire semblant de se perdre. Le soleil descend rapidement pour se draper dans la cime des arbres avant de les embraser. Cézanne aurait franchement craqué pour un ciel et des couleurs pareils. (Reportez vous aux photos parce qu’il faut vraiment le voir pour l’imaginer). Finalement, la baie sera parfaite pour le barbecue, à l’abris du vent, un peu de forêt derrière nous et face à nous un national park. On ne peut demander mieux. Le clapotis des flots accompagne le crépitement des étincelles de notre feu naissant. Au menu, brochettes de poulet, côtes de porc, pommes de terre, carottes. On ne se prive pas comme vous le constaterez. Et pour ajouter une touche d’exotisme à ce tableau le rhum accompagnera le diner, pour donner un air de boucanier à cette première soirée. Après s’être bien restaurés, bien abreuvés, la plage nous appelle donc déplacement du van de 50m pour faire face à l’océan sur un parking 5 étoiles, quasi désert. Bon maintenant le but du jeu est d’arriver à savoir comment dormir à quatre dans un van prévu pour trois. En travers plutot qu’en long avec les jambes repliées qui se casent où elles peuvent… certes. La nuit risque d’être courte, ce qui finalement n’est pas plus mal pour aller à l’eau de bonne heure ! On finira tout de même par ouvrir la porte pour laisser dépasser nos pieds (et accessoirement avoir de l’air).
Jour 2, Palm Beach/Port Stephens
Premier réveil vers 5h30, la lumière commence à poindre. Et si le soleil ici ne se couche pas dans l’océan, il émerge des flots le matin… et ouai, même latitude que le pays du Soleil Levant. Comment décrire un incendie pareil ? Le monde pourrait s’embraser sous vos yeux vous n’y verriez que du feu. Rouge sang, orange-ocre, les nuages gris mauves, rose chair… Toute la palette y passe, les cieux brûlent au dessus d’une chape de plomb qu’est l’océan vert de gris. Ce qui est étrange c’est de voir les nuages éclairés d’en dessous. Il faut imaginer un coucher de soleil à l’envers en fait. Les volutes qui se teintent progressivement, passant du rose saumon au mauve avec au loin du pourpre et autour de cette boule de feu, une teinte jaunatre qui se confond avec le sable de la plage. On perd la direction à force de regarder le spectacle. Il n’est peut etre pas loin de 6h. Je me donne encore une heure avant de me lever et d’enfiler la combi. Et je donne egalement une heure au Pacifique pour ne pas meriter son nom et grossir ses vagues.
… 7h, enfin ! Les vagues sont petites, surfables certes mais avec beaucoup de motivation. Peu importe, le decor en vaut la peine, il n’y a personne a l’eau, seulement quelques promeneurs eparpilles le long de la plage. Au pire cela me reveillera… Mais l’attente en vaudra la peine et avec la maree les vagues commencent a devenir legerement plus consistante et surtout parfaite. Se mefier au passage des dalles de rochers que l’on ne voit qu’au dernier moment, ce qui a failli couter cher. A 9h, nous atteignons le pic, des droites ou des gauches au choix, legerement creuses et qui deroulent jusque sur le sable. Pour une premiere matinee, on ne pouvait esperer mieux et cela semble de bonne augure. Le soleil rend les flots transparents et nous pouvons voir au travers des vagues emeraudes les fonds. A ma gauche une falaise orange recouverte d’arbre sur laquelle est perchee un phare. De la nature, partout, sans aucune trace humaine pour la deranger. A dire vrai, cela en impose de surfer a cote d’une falaise, elle vous domine, vous ferez presque de l’ombre mais en meme temps, elle est la pour vous rappeler qu’au beau milieu des flots la terre n’est pas loin… Double sensation. Mais le sentiment qui demeure est celui de la qietude, de la serenite en ce matin, tout semble parfait, denue de toute sombre pensee ou perspective de reel. Il n’y a pas d’heure si ce n’est la course du soleil et sa chaleur grandissante. Une temporalite naturelle sans arriere pensee. On ne s’en lasse pas, tout file sans preoccupation. Et pour tout dire, il sera difficile de quitter Palm Beach, c’est a regret que l’on se separe du lieu.
Nous trainons donc quelque peu, voire beaucoup puisque nous lezarderons sur la plage mais cette fois ci du cote de la baie tout au long de l’apres midi. L’endroit semble preferable car legerement abrite par des arbres s’aventurant sur les plates bandes sablonneuses des flots. Un peu d’ombre autrement dit… Et oui, cette journee sera fatale pour notre peau et donc riche en coups de soleil. Je ne les comptes meme plus tellement cela est devenu banal. General dans le sud-ouest on se dit “bon, allez, un coup de soleil en avril et c’est parti pour l’ete”. C’est aussi ce que je me suis dit en arrivant, mais detrompez vous ! Si jamais vous ne savez pas quoi faire, lancez un business de creme solaire, mais ecran 30 seulement (on ne trouve pas au dessus… dommage!). Vous etes sur de faire fortune. Donc, ignorant copieusement le tartinnage en regle de creme nous passons notre apres midi sur cette etroite bande de sable fin, bordee de vert, avec vu sur les monts du national park. Petite escapade d’une heure ou plus sur les rochers qui bordent l’extremite de l’ile. Nous decouvrons des criques et grottes naturelles, sortes de refuges surplombant de quelques metres seulement les eaux. Nous atteindrons tout de meme l’embouchure de la baie pour apercevoir l’ocean dans toute son immensite. La sensation d’etre dans un cocon n’est plus, le vent balaie la roche, les arbustes sont rares ou peignes par le soufle. Nous verrons meme un cactus en fleur au beau milieu des rocs, transformant ainsi le paysage oceanique en un desert aride, le soleil tapant sur nos nuques y contribuant largement. Plongeoirs naturels ,ombre, surface lisse et translucide des flots nous ramenent de nouveau au calme et a l’abris du soleil et du bouillon des eaux du Pacifique. Le retour sur la plage est salvateur pour nos pieds qui commencaient a mal vivre la surface des rochers, non seulement coupante mais aussi brulante. Vous me direz que le sable est aussi brulant, certes…
Il est 15h, et Go doit nous quitter, apres seulement une soiree et un jour. Dur de retourner bosser, surtout quand les autres poursuivent l’aventure. Mais avant cela, une etape importante de la journee, et du voyage, car c’est un point en permanence teinte d’incertitude, a savoir… la douche. Et oui, qui dit road trip, bourlinguer en van etc dit pas forcement de douche quotidienne. Ce qui peut s’averer particulierement demangeant apres une journee passee a mariner dans le sel, le sable la sueur et sous le soleil. Finalement cela pourrait s’appeler la regle des 4S. Autant dire qu’ a la fin votre coiffure ressemble a une permanente, un simple passage de la main vous permettrez au choix, soit de faire cuire des frittes, soit de vous faire une iroquoise. Les aleas me direz vous, l’avantage etant que nous etions tous dans le meme cas. Cela dit, cela se ressent tout de meme, le matin, au reveil, dans un van chaud et moite, un peu comme si vous passiez une semaine d’incubation dans la jungle quoi. Enfin, on s’y habitue (Hum…). Donc apres cet intermede tres technique, (et apres lequel vous penserez surement a deux fois avant d’envisager un tel sejour) direction la gare… finalement nous faisons machine arriere et revenons a environ 20km de Sydney. Ce qui n’augure rien de bon pour la suite de l’etape… Cela dit, nous atteindrons Port Stephens, de nuit, a environ 3h de route.
C’est l’occasion de decouvrir les routes australiennes, immenses, rectilignes, quasi desertes. Assez monotones si ce n’est le paysage. Finalement ce n’est qu’un trait trace en plein milieu du bush, parfois un pont pour enjamber une riviere, un fleuve, quelques ilots sur notre gauche. Nous “foncons” donc a toutes berzingues (sommes toutes relatives lorsqu’il s’agit d’un), fenetres grandes ouvertes en mode clim’ safari, la moitie de ce que nous disons nous echappe, emporte par les courants d’air. Nous ne relierons pas notre destination avant la nuit, ce qui sera quelque peu problematique pour trouver un endroit ou se garer. Nous pensions passer la nuit sur la plage de One mile beach, apparemment deserte, contemplant des eaux bleu azur et recouverte de sable blanc. Sauf que tout au long de la route cotiere, nous n’appercevrons pas la plage, mais aucune, ce qui est genant pour une route cotiere. Nous arrivons aux abords d’un camping ou nous pourrions stationner mais l’absence d’une vue sur l’ocean nous decide de bouger, par ailleurs, la proximite de la civilisation ne nous enchante guere. En revenant le lendemain nous realiserons qu’il suffisait de grimper une dune pour atteinte la plage. Tant pis. Nous atteignons alors le port de cette ville et faisons escale au milieu des arbres. Nous verrons le lendemain a quoi ressemble l’endroit, a priori rien de bien fou… Point de “diner” ce soir la, la fatigue et les rations de chips et autres aliments super sains ayant accompli leur mefait durant le trajet.
Jour 3, Port Stephens/Cellito Beach
Nous nous reveillons entoures par une armee de 4×4 avec remorques pour bateaux… et la on comprend pourquoi, nous sommes juste a cote d’une rampe de mise a l’eau. Mais surtout, ce que l’on comprend, c’est pourquoi il y a autant de voitures comme telles et donc de bateaux, car le paysage en vaut le detour. Immense baie fermee aux couleurs d’atol. Du blanc, du turquoise, quelques taches de verdure, et voila. Nous savourerons donc les magues et le cafe du petit dej’ face a pareille vue. Bon le spectacle sera quelque peu gache ou mis aux couleurs locales, au choix. Vers 10h, une armee de jeunes australiens debarquent a une dizaine de metres, chacun avec leur voiture, avec force de derapage, de cris de gorge et de volees de poussiere, qu’ils sont virils oulala ! C’est un point important et il faut noter que l’un d’eux possede un pick-up… Le pick-up, comme vous vous en doutez dispose d’un coffre a ciel ouvert, ce qui est pratique pour transporter des trucs, genre des planches. Mais nous avons decouvert ici une autre utilisation, a savoir la glaciere. Et oui, ils sont malins, il suffit de remplir le coffre de glace, d’y mettre toutes les bouteilles et les voila partis pour la journee. Enfin c’est une grande affirmation etant donne qu’a 11h ils etaient deja raides, et je parle du matin bien sur ! Donc recapitulons, tableau cristalin devant nos yeux, beuvries en arriere fond sonore et pendant ce temps un enorme pelican qui nage non chalemment en quete de la generosite des marins du dimanche. Le cadre est digne d’une carte postale, surtout au reveil. Mais nous decidons de quitter les lieux afin de se mettre en quete d’une plage. One mile beach nous semble appropriee, d’autant plus que nous etions rester sur notre faim la veille. Nous n’echappons pas au camping puisque c’est le seul acces a cette plage. Nous restons dans les memes perspectives, les dunes en plus, ce qui n’est pas sans rappeler Seignosse etrangement.
Il y a du vent, peut etre trop et le soleil cogne. Les vagues sont nulles mais tant pis, il fait meilleur dans l’eau. Il ya veritablement un air de bout du monde ici. Pas un chat ou presque, du vent, une vaste etendue blanche a perte de vue, seulement quelques touffes verdoyantes par endroit. Pas vraiment de vie en definitive et tout ne semble ici qu’ephemere, tout est de passage, rien de bien fixe si ce n’est le cadre, amovible, intact et ne craignant rien. Le vent souffle sur les dunes comme il le fait depuis des annees et elles sont toujours la, foulees par les pas de quelques touristes qui disparaitront d’ici peu. Cela en devient presque derangeant cette sensation d’invincibilite virginale et narquoise que degage ce paysage, il est impossible d’y avoir une prise.
Virée au nord de Sydney… Chase National Park
16 novembre 2009
Pour bien se mettre en situation…
La semaine dernière Pierre-Jean, l’un de mes colocs proposait de partir pour parc Ku Ring Gai, à 40km au nord de Sydney, et pour se faire, de louer une voiture. Samedi nous passons donc chez Avis pour en avoir une, et partons à deux. Alors tout d’abord, petit plaisir, banal mais agréable, se déplacer en voiture… oui, parce que ne pas conduire depuis septembre et être totalement dépendant des transports, c’est un peu pesant. Nous apprécions donc les premières minutes au volant, fenêtres ouvertes et bras qui rotissent derrière les vitres. Evidemment, nous trouvons le moyen de rater la première sortie, ce qui nous amène à faire un tour de Sydney avant de trouver la bonne voie. Finalement, une demie heure plus tard, nous sommes sur la “Pacific Highway”. Oui, alors dit comme ça, c’est super, on imagine la super autoroute ensoleillée, les cheveux au vent, la petite musique qui va bien. Mais en fait non. C’est une sorte de nationale ultra bouchée le week end où il fait bon de cuire derrière le pare brise. Une fois passé le pont, l’on prend bien compte de l’étendue de la ville, mais qui toutefois va diminuant au fil du chemin. Les constructions se tassent, il y’a de plus en plus de maisons, des arbres, de la végétation, les immeubles se font plus rare. Je pense qu’après une vingtaine de kilomètres, la vie devient déja plus calme, et l’ambiance ressemble plus à celle qu’on se ferait a priori de l’Australie. L’océan à proximité, du soleil, des couleurs vives, rouges, vertes, beaucoup de végétation. Une atmosphère de “coolitude” en quelque sorte, on imagine les plages à deux pas d’ici, le sable doré et les vagues translucides, parfaites. Bref, le cliché en somme.
Nous arrivons 1h30 plus tard à une sorte de micro péage où il nous faut payer 11$ avant d’entrer dans le parc. Ce qui au passage est absolument ridicule compte tenu de l’immensité de celui-ci. Nous circulons désormais sur une route déserte, au beau milieu d’une forêt desséchée. Un indicateur de risque d’incendie nous averti d’ailleurs à l’entrée du parc. Aujourd’hui, les risques sont “modérés”. La surprise est d’autant plus grande lorsque nous faisons face à l’aridité du paysage. Même le vert des arbres, des gumtrees ou des eucalyptus est fané. Pourtant nous sommes au printemps, mais la terre est grise, marron, parfois couleur cendre ou noire, témoin d’incendies. Il doit facilement faire 35°c à l’ombre, pour une saison qui correspondrait à notre mois de Mai… C’est en contemplant ce paysage aride mais non pas désert que l’on prend conscience de la difficulté d’être pompier dans ce pays.
Nous savourons ce moment, circuler sur une route désert, dans un endroit où il n’y a personne. Nous ne sommes plus à Sydney, plus de ville, plus rien, presque aucune trace d’humanité. Le guide au péage nous a donné une carte en précisant les points et endroits remarquables à voir. Première étape donc, un tout petit circuit, pour une première approche. Aujourd’hui est apparemment un bon jour pour voir des “black snakes”, il fait chaud, il y’a du soleil. Bref, l’idéal pour ces gros serpents inoffensifs d’après les dires de la dame. Malheureusement, et au grand désespoir de Pierre-Jean, ceux ci préféreront sans doute la fraicheur d’un rocher climatisé et ne daigneront pas pointer le bout de leur fourchue langue. Nous avançons donc avant de nous arrêter à un point de vue, qui nous révéla une grande partie de la vallée, avec le lit de la rivière et un pont qui l’enjambait. Voila, la vision que je me faisais de l’Australie est sous mes yeux, du moins une partie. Les couleurs, rougeâtre, vert kaki, beige, marron, émeraude. De la nature à perte de vue, une immensité assez vertigineuse en fait. Ne serait ce que pour citer la superficie du parc, celle-ci s’étend sur 15 000 ha, en sachant qu’il y’en a peut être deux ou trois autres dans la région. Nous poursuivons notre route après cette bouffée d’air chaud et là, ô joie, deux wallabies bien cachés se pavanaient tranquillement sous un arbre. Ils sont difficilement repérable car leur fourrure est exactement de la même teinte que le sol, marron clair virant sur le beige. L’un d’eux est resté allongé, tendant à peine sa tête et ses oreilles pour voir ce que nous faisions à 20m de lui, alors que son pote ratisser nonchalamment le sol. J’ai cru apercevoir des petits wallabies derrière lui mais je n’en suis pas sur. Toujours est il qu’ils avaient l’air stoïques et peu farouches. Après ça, je me suis promis de ne plus en manger, parce qu’il faut bien l’avouer, ils ont l’air cool et ont une bonne bouille.
Après ce petit parcours, notre ventres hurlant à la mort, nous décidons de sortir du parc pour nous approvisionner en vue de s’emparer d’un barbecue. Mais avant, petite halte dans une marina bien cachée… Quelques bateaux, dont des énormes yachts prenant le soleil. Endroit idéal pour faire du bateau. Il s’agit véritablement d’un refuge, sorte de cachette pour s’adonner à son petit loisir. Et en effet cela doit être plaisant de naviguer sur cette rivière pour atteindre l’embouchure, parcourir la mangrove et longer la cote pacifique, cernée de petites criques. Après une glace et une bouteille d’eau bien méritées, nous nous remettons en route pour arriver dans ce qui pourrait être un centre ville, posé en plein milieu de nul part, surgit après de nombreuses interrogations du type “Mais où ils sont les magasins ? ils font bien leurs courses quelque part non?” Alors la, je vous renvoie à la photo du restaurant asiatique “happyland” qui en soi, veut tout dire. Nous sommes dans un ghetto pour riches, mais véritablement. On se croirait sur un plateau de tournage, un décor. Tout est propret, calme, bien rangé. Même la supérette où nous avons fait nos courses était classe, genre monop haut de gamme. En un mot, nous étions dans une série. Ce qui ne nous a guère empêché d’acheter à manger pour deux jours, évidemment, comme il en va les jours de bonne humeur, et pour couronner le tout, nous nous sommes offert deux baguettes ! Oui, parce que le pain nous manque terriblement. Alors, c’est sur, on est loin de la baguette tradition rennaise hein… précisons le. Mais après deux mois et demi sans “vrai” pain, on se permet d’esquisser un large sourire.
De nouveau, direction le parc où Pierre-Jean a repéré un endroit où s’installer et avec des barbecues à disposition. Il s’agit d’une petite baie, en plein de milieu du parc. Nous fonçons donc de nouveau sur la petite route déserte qui perce la foret et atteignons enfin l’endroit tant rêvé… Personne, des barbecues, une baie, la forêt. L’endroit ressemble étrangement à un fjord, un vase dans lequel nous sommes au fond, cernés par la forêt et en face la rivière bleu azur, quelques bateaux. Grande razzia alimentaire en perspective, nous nous régalons d’avance, en nous disant que nous avons acheté à manger pour quatre, naturellement ! Démarrage des plaques (oui parce qu’ici, on a beau être au milieu de rien et entourés de robinets à l’eau non potable, les barbecues fonctionnent au gaz…) et un quart d’heure plus tard nous attaquons notre premier sandwich. Steak, feuilles d’épinard, tomates cerise, fromage, oignons et sauce… le tout dans de la baguette. A peine le temps de se poser à l’ombre, de croquer à pleine dent que nous entendons à battement d’ailes. Un oiseau s’envole, amenant avec lui… un steak ! Et oui, il est venu se poser juste à coté de la plaque et a pris alors que nous avions le dos tourné, un des deux morceaux de viande restant dans leur boite. Sans broncher, il se pose dans un arbre et nous regarde du haut de sa branche, le steak pendant à son bec. C’est alors que l’on comprend Renard, et que l’on admire surtout sa malice que nous n’aurons guère connu avec ce voleur. Il n’aura pas mangé de serpent aujourd’hui, s’offrant un met de choix. Tout à coté, des pies jacassent et tentent de mettre en fuite un iguane d’environ un mètre qui essaie d’escalader un arbre, probablement pour aller fouiller les nids de celles ci. Bref, après un bon repas d’environ 2h, ayant savouré non seulement nos sandwich mais aussi des brugnons, du maïs et la tranquillité du lieu, nous repartons pour Le lieu à voir dans ce parc, à savoir, West Head.
Retour en voiture pour arriver une demie heure plus tard à l’endroit clé de ce national park, celui qui vous fait aimer un pays. Alors naturellement, le point de vue est magnifique, nous surplombons la baie de Palm Beach où des bateaux s’ébrouent tranquillement. La presqu’île s’étire pour former une sorte de marina à l’abri des vagues. Il fait beau, la forêt plonge dans les flots, tout inspire pour se baigner. Et c’est là que commence l’aventure. Un chemin s’engouffre dans les arbres, abrupte. Petite escapade en milieu tropical où seules les marches nous rappellent que cet endroit est connu du monde. Nous sautons comme des cabris, impatients d’atteindre la plage. Quelques minutes plus tard, entre des pins nous apercevons ce trait de couleur qui vient rompre avec l’obscurité que nous venons de traverser… nous y voila. Une toute petite plage, quelques dizaines de mètres, pas plus, constellée de rochers, certain au beau milieu de l’eau. Nous nous précipitons sur le sable pour nous changer et enfin plonger. Dos à nous, la forêt, la falaise baignée par les eaux et en face l’océan et la presqu’île de Palm Beach. Sensation indescriptible de bonheur, de quiétude. Comme lorsque l’on fait une bienheureuse découverte, que l’on apprend une bonne nouvelle qui change le cours de sa journée, nous laisse du temps. Aller sur un rocher et plonger dans l’eau translucide, faire face à l’océan, aux palmiers… De quoi rendre heureux pour des jours.
Suite à cette révélation qui nous fut offerte, nous décidons de nous diriger vers Palm Beach que nous pouvions apercevoir depuis notre crique. Mais avant nous passons par Pitt Water. Et là encore, nouvelle sensation de quiétude en arrivant dans une marina, terrée entre deux monts. Quelques maisons sont perchées tels des nids, avec un bateau en guise de pied à terre si l’on peut dire. On se croirait presque dans une paisible ambiance à la Twin Peaks… manque seulement la scierie. Il ne reste plus qu’à se diriger vers le point final de la journée. La plage des palmiers. Après avoir croisé de nombreuses villas faites de verrières et autres allées de palmiers nous arrivons enfin. Ici tout semble paisible, beau, loin de toute inquiétude. Le monde des bisounours en quelque sorte.
De l’art de se peinturlurer la gueule.
2 novembre 2009
Comme chacun sait, le 31 octobre était halloween… Naturellement, en terre anglo-saxonne, l’on s’attend à voir déambuler des monstres un peu partout dans les rues, des gens aux faciès hideux. Que nenni ! et même, les gens nous regardaient parfois étrangement, ce qui n’est pas coutume ici.
Il faut dire que nous sommes sortis tard, plutot 23h que 19h. Oui, c’est aussi le problème, se coller des mines de si bonne heure n’est pas commun… imaginons pour des espagnols. Dur ! Direction donc North Sydney, après environ 20 min d’attente à la gare où les gens étaient on ne peut plus normaux. C’est aussi l’occasion pour moi de franchir le pont pour la première fois. Nous arrivons dans un quartier… mort. Genre la défense a 2h du mat’. Deux pelés la tête peinturlurée se dirigeant vers la party dans une maison. Alors, forcément, vu l’heure, 23h30, tout le monde était déja bien attaqué, certains même étant en pleine “pause boisson”, ce que nous ferions vers 2h peut être en temps normal. Imaginez un peu l’état. “Les gens sont lents” … Ahah, oui en effet. Cela dit, ils étaient déguisés, alors on se sent déja moins seuls.
Enfin… cela permet de se livrer à une libre analyse imbibée de vin blanc… Les filles se comportent comme des mecs. Et ça, c’est carrément perturbant, troublant, voire dégoutant. Repoussant en fait. Alors, point de chauvinisme, certes, mais il faut bien avouer que l’apparat australien mêlée à l’éthylisme peut faire des ravages au sein de la gent féminine. Enfin, pour ne point faire de misogynie il faut savoir que cela va de même pour le genre opposé. Mais on ne s’en lasse pas. Cela dit, je comprends mieux d’où peut venir notre réputation de “snobbish”.
Mais s’il y’a bien un oeil à jeter c’est du coté d’Oxfort St. Probablement l’endroit le plus animé. En rentrant en taxi, nous demandons donc de nous déposer en début de rue afin d’avoir un aperçu. Les costumes déambulent, axés sur tout et n’importe quoi, mais on ne peut s’empêcher de sourire en croisant les boutiques fetish qui se prêtent parfaitement au jeu ! Bientot arrivés au bout, nous avons droit aux “coucous” d’un blond, tout sourire et gratifiant le maquillage arboré pour l’occasion. Ahah. Quartier où l’on est sur d’être “vu”.
Assez répulsif ce titre n’est il pas ? A tel point que se terrer sous sa couette fut la seule activité attrayante de ces dernières semaines. D’où la flemme, d’où le manque d’envie d’écrire et tout ce qui s’ensuit…
Bon à dire vrai, cela fait une semaine qu’il fait de nouveau beau. Mais il faut s’imaginer à Rennes en plein mois de février alors qu’on est sensé être au printemps ici, qui plus est pile en dessous du trou de la couche d’ozone, alors on s’attend à ce qu’il fasse chaud, qu’on rotisse un peu quoi !
J’ai donc pris la décision il y’a un certain temps déja d’acquérir une planche, peu de temps avant que le ciel ne nous tombe sur la tête pendant trois semaines.

J’ai pu brièvement la tester, les jours où il y’a des vagues potables. Ah oui, parce que ça aussi je vais finir par croire que c’est un mythe. Rajoutez à cela les méduses, les lames de fond, les baïnes de malade qui font de celles de Seignoisse des pataugeoires… il faut être motivé. Bien sur, je ne parle là que des risques accessibles à tout le monde et en toute heure. Non mais parait il, Sydney est la ville la plus pluvieuse du pays, et d’autres rumeurs parlent même d’un temps exécrable à partir de Novembre. Il n’y a malheureusement pas revendeurs Guy Cotten ici. Tant pis.
Ayant délaissé ces pages depuis de nombreuses journées, je vais parler en vrac, sans ordre et comme cela me vient. Tout d’abord, la soirée la semaine dernière, une “warehouse party”, autrement dit dans ce cas, une rave party. Vers 20h nous apprenons par texto le lieu de débauche. Nous décidons d’y aller pour minuit (ce qui est très tard par rapport aux normes locales, je précise) et partons en définitive vers 2h. Courageux que nous sommes, et sachant que cela se tient au bout d’une rue proche de la notre, nous décidons d’y aller à pieds pour 15 min plus tard prendre un taxi. Nous avons d’ailleurs bien fait puisque nous débarquons à l’ouest de Sydney, dans le quartier d’Alexandria, sorte de vaste zone industrielle, idéale pour l’occasion. Nous passons toujours en taxi devant une ambulance et des voitures de police, déja sur les lieux. En approchant nous pouvons déja entendre les vagues de basses venant du fin fond d’un terrain vague et boueux. Plusieurs petits spots avec des enceintes disséminés sur ce terrain perdu au milieu de rien. Mais en nous tournant, nous apercevons un vieil entrepôt en ruine, tout de bois et bien pourri au sein duquel se tient l’essentiel du son et de la plèbe. Finalement, heureusement qu’il a plu. Je pense que c’eut été l’endroit idéal pour un incendie en temps normal.
3h plus tard, la police finit par réussir à interrompre cette scène resserrant progressivement l’étau sur les autres spots. Nous quittons donc les lieux, errants, sans trouver de taxi, puisque nous sommes au beau milieu d’une zone industrielle. Et oui, c’est balot. Une demie heure après avoir plus ou moins marché, un boulevard apparait et des taxis le parcourent comme s’il en pleuvait. 6h nous atteignons la maison, en faisant avant une petite escale par un fast food histoire de s’acheter une part de pizza hein, quand même. (oui, oui, je vous avais bien dit qu’ils servaient à ça) et à 7h je m’effondre dans mon lit adoré après voir piétiné toute la nuit. Repos mérité. Mais ambitieux que nous sommes, nous décidons de nous lever à 11h pour aller au Royal Bottany Garden. Ce n’était bien sur qu’une ambition, nous avons vaincu le réveil pour reporter la bataille finale vers les 15h, ce qui était nettement plus raisonnable.
Ma foi, cette balade fut salvatrice, retrouver de l’air frais, de la verdure et de l’eau pour se rincer les méninges était une grande idée. Promenade qui d’ailleurs durera jusqu’au soir afin d’être certain que nos corps soient bien sains
Sinon que dire ? Pas grand chose, petite virée à Coogee aujourd’hui pour profiter du beau temps. Il faut préciser qu’ici on bronze en 2h et sans crème et bien… on cuit. J’ai passé une demie heure dans l’eau il y’a de cela quelques temps, sans crème, le lendemain je muais. Oui, la couche d’ozone percée juste au dessus ça fait mal.

Bref, rien de nouveau. Des envies de bouger surtout. Projet pour Bali ou le Vietnam en tête. A voir, changer d’horizon, sortir de la ville, voir du vieux, du pays qui a vécu. Mais surtout, sortir de Sydney, car cela est frustrant de savoir qu’il y’a environ 3000 km de pays derriere nous sans pouvoir y faire un tour.
Et oui, parce que la diaspora bretonne est partout… Je ne peux désormais plus en douter (le papa de Camille avait raison). Alors que je me promenais en fin d’après-midi à Manly et que mon ventre hurlait famine, mes yeux aperçurent ce qui aurait pu s’apparenter à une crêpe. Intrigué, je m’approche donc, et découvre, ô joie, un vestige de notre terre natale… “Sausage Roll”.
Alors, je vais tout de suite vous faire cesser de fantasmer ce succulent met, qui n’est pas sans nous rappeler ce cher marché des Lys. La “sausage” en question ressemble plus à une farce, ce qui rend la chose tout de suite moins appétissante (et ce qui me coupera également toute envie d’y gouter). Mais pour l’anecdote, elle valait bien un petit papier.
Phoenix et Maroubra.
27 septembre 2009
Petite sortie hier à Maroubra Beach, histoire de me remettre de la soirée de la veille.
Commençons donc par celle ci. Première sortie à Sydney donc. Direction Oxford St, pas loin de la maison. J’apprend au passage que c’est “LE” quartier gay de Sydney. Bon, autant dire que cela est ostentatoire.
Nous entrons donc dans un club, souterrain, lumière rougeâtre, jungle à fond. Des caissons de basses qui m’arrivent au menton. Un peu plus et on se croirait dans Blade, les fontaines de sang et nous y sommes, en mode club vampirique. Des gens trop déchainés qui remuent dans tous les sens, à la limite du primitif. L’explication est assez simple et il suffit d’aller dans les toilettes pour en avoir la confirmation. Je n’ai jamais vu autant de monde dans un si petit espace prendre autant de “pills”. Cela plus un mur du son… un véritable carnage. Mais cela correspond bien à la musique qui porte bien son nom. Une demie heure la dedans et tu ressors sourd. La meilleure preuve en est que j’ai failli me faire écraser en traversant la route. Non seulement je n’ai pas regardé du bon côté (j’ai beaucoup de mal à lutter contre cette habitude) mais en plus je n’ai que vaguement entendu les klaxons, derrière un bourdonnement d’acouphènes.
Néanmoins, le clou du spectacle restera une touche avec une gay. Ouai, il faut le faire. Finalement elle ne me dérangera pas longtemps, le bruit ne permettant pas vraiment de communiquer. Et allez comprendre une australienne la dedans ! Bref, je restais donc à phaser sur les basses qui me soufflaient dessus, jusqu’à 2h30 du mat’. Entre temps, j’aurais compris l’intérêt des fast foods. Nourrir la plèbe à moitié morte à toute heure de la nuit et rapidement ! Oui, car à 2h30 ils servent encore, et seront ouverts le lendemain au petit matin. Magique.
2h50, de retour, couché, les oreilles qui sifflent. Demain plage, pour mettre au repos tous mes petits neurones et recouvrirr ceux en perdition dans des flots d’infra basses. Vers 14h je décide de bouger à Maroubra Beach sur les conseils de ma coloc.
Environ 15min de bus vers le sud est. On s’éloigne nettement de la city, les constructions s’abaissent, bien qu’elles restent définitivement urbaines. Souvent des copropriétés ou des immeubles à 2 ou 3 étages. Des villas apparaissent, type californien parfois. Et la, surprise. Personne sur la plage, quelques surfers et un tout petit public, pas plus de 20 personnes sur toute cette étendue, au moins 1km je pense.
La “machine à vagues” comme on m’avait prévenu. En effet, vagues parfaites, puissantes, rapides qui s’enroulent et se déroulent sur plusieurs dizaines de mètre. Il y’a du ressac ce qui provoque des explosions et gerbes d’eau assez impressionnantes, faisant parfois bondir les surfers. Cette plage n’était pas sans me rappeler Seignosse. Sable beige, une petite dune ornée d’une végétation similaire, un petit grillage pour la retenir. Mêmes vagues, mêmes couleurs. A la différence que de part et d’autre de celle-ci se jettent des avancées rocailleuses, qui elles font clairement allusion au Pays-Basque, rappelant la petite plage de Mundaka. Ocre et vert plongeant dans l’océan bleu foncé. Un mélange faisant parfois cruellement penser au sud-ouest, une plage landaise encerclée par un paysage basque. C’est assez déroutant à dire vrai et le dépaysement ne se fait pas vraiment. Seule la régularité des vagues et les récifs sont là pour nous rappeler que nous sommes dans le Pacifique.
L’hiver n’a pas totalement disparu. Il fait froid et le vent souffle. La pâleur du soleil est la pour nous avertir qu’il ne chauffera pas tout de suite. Le sable est encore froid et s’en va de temps en temps, désordonné par les rafales de vent. Le ciel nous offre encore cette étendue immaculée qui se confond avec les flots, cette quiétude désertique que l’on trouve sur toutes les plages en hiver. Une sorte de chaleur froide qui nous pique les méninges. Grand bol d’air donc en cette après-midi propice à la réflexion et la nostalgie. Je n’arriverais pas à lire tant je suis captivé par ce vide mélancolique et lancinant.
La fraicheur me pousse à rentrer, peut être aussi ce vide, qu’il est difficile de supporter longtemps sans craquer. Etrange de retourner vers la ville. Je me plongerai alors dans la lecture de Elle et Lui et George Sand, sans doute plus apte à recevoir ses mots car épuré.
The Sydney Opera House
26 septembre 2009
24 Septembre
Passage quasi obligé à vrai dire…
Je traverse donc la ville en direction de cette jetée en passant par le Royal Botany Garden. Immense enclave de verdure cernée par les buildings et l’océan. Il est donc plaisant de franchir la muraille pour se retrouver dans ce jardin où l’on peut tranquillement marcher en plein milieu des pelouses. Peu de monde, pas de circulation, de l’espace, un horizon. Ouf. Etrangeté qui croise mon chemin… une dizaine de rectangles découpés sur le sol (qui pourraient être des emplacements funéraires, hum.) dans lesquels poussent différentes variétés de gazon avec une petite description pour chacun d’eux. Et nous sommes invités à les essayer.
Après avoir parcouru le parc, je débouche sur l’opéra. Légère désillusion. On s’attend à le voir plus grand, plus imposant, plus reluisant même peut être. Rien de tout ça. Bon, certes, je ne vais pas faire le rabat joie. Une fois que nous sommes à ses pieds il est impressionnant. En fait, il est à dimension humaine et contraste nettement avec le mur de skycrapers qui se trouvent juste derrière et le Harbour Bridge, immense pont métallique. D’autant plus par ses formes arrondies, loin du cubisme urbain. Non, en fait, ce qui est véritablement saisissant c’est l’emplacement. Il se jette dans les flots et offre une vue panoramique sur toute la baie de Sydney. Il y’a même un emplacement pour “garer” son bateau. La classe. Mais ma préférence va au musée Gugenheim de Bilbao.
Je repasse par le parc au retour, et fait face à des bestioles velues dans les arbres. Naïfs que je suis, je commençais à m’extasier sur ces lémuriens… que nenni. Il s’agissait de chauve souris aussi grosses que des canards. Il était 16h et faisait encore bien jour. On les voyait suspendues, par dizaine, à toutes les branches libres, y compris celles de palmiers.
Bref, je rentre satisfait de cette errance dans Sydney puisque je commence enfin à prendre mes repères. La ville me parait légèrement moins chaotique et je réalise que je ne suis guère loin de la mer. Il faut parvenir à se faire à l’idée qu’une fois la ligne de buildings franchie nous sommes à coté de l’océan. Mais ceux ci peuvent parfois s’avérer oppressants. Heureusement je ne vis pas dans le cbd… l’angoisse sinon. Mais y déambuler, arpenter les rues et avenues, notamment celles à proximité des parcs est ma foi fort agréable. Sentiment d’être en ville mais d’y respirer. Ce n’est pas le monde pullulant de George St, qui grouille et fourmille pour aller bosser.
Flemme…
25 septembre 2009
Et pas intelligente celle la en plus. Manque de motivation pour le récit d’aujourd’hui. Nous verrons demain…
Nouvelles photos !
24 septembre 2009
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Admirons l’esprit associatif australien.
23 septembre 2009

